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Le DME, le DSE, le DSP – et maintenant le DMEa, le SIH et le SIS. Comment s’y retrouver?

Publié le 4 mai 2016 par Dennis Giokas

Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis la publication du premier article sur ce sujet, il y a cinq ans. D’abord, les systèmes qui appuient le travail des cliniciens et la prestation des soins aux patients ont énormément gagné en maturité. Par exemple, bon nombre sont maintenant dotés de fonctionnalités qui servent à bien plus que la simple tenue de dossiers, et certains présentent même des fonctions axées sur les besoins des patients. En outre, ces systèmes s'adressent maintenant à un bassin d'utilisateurs qui est plus vaste que la clientèle d'origine. La description de ces solutions de santé numériques s'est aussi grandement complexifiée, surtout lorsqu'on tient compte des utilisateurs, des milieux de soins, des données, des fonctionnalités et des technologies.

Au Canada, un certain nombre de termes qui se rapportent aux dossiers de santé numériques sont d'usage courant. Malheureusement, la définition de ces termes n’est pas la même partout dans le monde, ce qui suscite de la confusion, tant au sein qu’en dehors de l’industrie de la santé. Fait intéressant, une fois réglée la question des définitions, on constate qu’il y a une abondance de points communs et des chevauchements de plus en plus importants entre ces systèmes.

Dans l'article initial, deux dimensions servaient à différencier ces concepts. La première était l’exhaustivité de l’information. La seconde avait trait au dépositaire de l'information sur la santé (c.-à-d. l'entité qui conserve l'information, et pas forcément le propriétaire de celle-ci, qui est habituellement le citoyen). La première, l'exhaustivité, s’estompe peu à peu. Pourquoi? Nombre de systèmes fournissent un portrait de plus en plus complet de l’information à mesure que les réseaux d’information sur la santé et l’interopérabilité progressent.

Alors, quelles sont désormais les dimensions distinctives? À mon avis, celle qui a trait au dépositaire de l'information est toujours prédominante. Mais une nouvelle vient s’ajouter : le milieu de soins où est utilisée la solution.

Les trois termes qui figuraient dans le premier article sont encore couramment utilisés — le dossier médical électronique (DME), le dossier de santé électronique (DSE) et le dossier de santé personnel (DSP). Dans cette nouvelle version de l'article, j'ai ajouté trois autres types de systèmes qu'il vaut la peine de décrire : le système d'information sur la santé (SIS), le système d'information hospitalier (SIH) et le DME pour soins ambulatoires (DMEa).

Regardons-les de plus près.

  1. Dossier de santé électronique – Dossier de santé sous la garde du réseau de la santé et utilisé dans divers milieux de soins. La définition de ce dossier figurait dans l'Architecture SDSE et a résisté à l'épreuve du temps. Pour en savoir plus, consultez l'Architecture de la santé numérique.

    Un DSE procure à chaque Canadien un dossier sûr, confidentiel et à vie de ses antécédents médicaux et des soins qu’il a reçus dans le réseau de la santé. Le DSE est accessible par voie électronique aux professionnels de la santé autorisés et au patient, en tout temps, n’importe où, pour permettre des soins de grande qualité. De plus, ce dossier est conçu pour faciliter l'échange de données dans tout le continuum de soins, entre les établissements de soins et entre les régions.

    On décrit souvent cette solution comme un dossier centré sur le patient et destiné à échanger de l'information sur sa santé.

  2. Dossier médical électronique – Dossier sous la garde d’un ou de plusieurs professionnels de la santé qui est utilisé dans un cabinet de médecins. Habituellement, il est employé par les cliniciens d'un cabinet de soins primaires ou de soins spécialisés.


    Un DME est un dossier médical informatique tenu par le cabinet ou l'organisation d’un clinicien (un médecin, par exemple). Il s’agit du dossier que tiennent les cliniciens pour chacun de leurs patients et qui renferme des renseignements détaillés sur les caractéristiques démographiques du patient, ses antécédents médicaux, son profil pharmacologique ainsi que ses diagnostics (p. ex. des résultats d’analyses de laboratoire et les constatations tirées d’examens d’imagerie diagnostique). Il comprend des fonctions pour la gestion de tâches administratives comme la facturation et la planification des horaires.

    Les DME plus avancés proposent des fonctions telles que l’entrée d’ordonnances de médicaments et d'analyses, les alertes, les rappels et l'aide à la prise de décisions cliniques. Certains offrent même un outil d'analytique de la santé des populations. On voit aussi apparaître de nouvelles capacités directement intégrées au DME qui permettent aux patients de prendre rendez-vous, de consulter leurs données et de communiquer par voie sécurisée avec les cliniciens.

    On dit souvent que ce type de dossier est avant tout centré sur les besoins du professionnel de la santé ou de l'organisation de la santé, puisqu’il sert à faciliter les interactions avec le patient.

  3. Système d'information hospitalier – Dossier sous la garde d'une organisation de la santé. Il est utilisé en milieu hospitalier, par exemple pour les soins actifs, les soins continus et les soins de longue durée.


    Un SIH est un dossier médical informatique spécifique aux services hospitaliers d’un établissement de santé. Habituellement, l'équipe de soins multidisciplinaires de l’établissement s’en sert pour la tenue des dossiers. On y consigne l'information provenant des systèmes auxiliaires de l'organisation, entre autres les résultats de tests diagnostiques (analyses de laboratoire et imagerie) et l'information sur les ordonnances. De plus, il renferme les rapports de consultation, les rapports pré et postopératoires, ainsi que les observations et les rapports du personnel infirmier, pour ne nommer que ceux-là. On utilise également le SIH pour l'entrée d'ordonnances de médicaments et d'analyses, les alertes, les rappels et l'aide à la prise de décisions cliniques. De manière générale, les SIH soutiennent les activités opérationnelles de l'hôpital, notamment la planification des horaires (salle d'opération, examens d'imagerie diagnostique), la gestion des lits, la gestion des ressources humaines et la facturation. Les capacités d'analytique et de production de rapports cliniques, opérationnels et financiers sont également supportées. On voit aussi apparaître de nouvelles capacités directement intégrées au SIH qui permettent aux patients de prendre rendez-vous, de consulter leurs données et de communiquer par voie sécurisée avec les cliniciens.

    On décrit souvent le SIH comme un dossier centré sur les besoins du professionnel de la santé ou de l'organisation de la santé, puisqu’il sert à faciliter les interactions avec le patient.

  4. Dossier médical électronique pour soins ambulatoires – Dossier sous la garde d'une organisation de la santé. Il est utilisé dans un service de consultations externes affilié à un établissement hospitalier.


    Un DMEa est un dossier médical informatique spécifique à un service de consultations externes (clinique de soins ambulatoires) qui est souvent affilié à un établissement hospitalier. Les soins ambulatoires désignent un vaste éventail de services de santé destinés aux patients qui ne sont pas hospitalisés. La clinique offre une multitude de soins et/ou de services spécialisés. Généralement, le système déployé dans une clinique de soins ambulatoires est un SIH. Il s'agit soit d'une application de SIH de base, soit de modules d'un SIH spécialement conçus pour les soins ambulatoires. Habituellement, le DMEa est utilisé par les équipes de soins multidisciplinaires en consultations externes. Certains services cliniques (p. ex. les analyses de laboratoire, l'imagerie et les médicaments) peuvent être fournis par l'établissement hospitalier. Par conséquent, l'intégration de l'information (c.-à-d. la connexion du DMEa à un SIH doté de ces services auxiliaires) est une caractéristique distinctive du DMEa.

    On décrit souvent le SIH comme un dossier centré sur les besoins du professionnel de la santé ou de l'organisation de la santé, puisqu’il sert à faciliter les interactions des cliniciens avec le patient.

  5. Dossier de santé personnel – Dossier de santé sous la garde du patient, ou d'un membre de sa famille ou d'un proche aidant. Il est utilisé dans tout milieu de soins, par des personnes qui souhaitent gérer elles-mêmes leurs soins.


    Un DSP est un dossier médical informatique qui renferme une partie ou la totalité des renseignements médicaux d'une personne tout au long de sa vie. Ces renseignements proviennent du réseau de la santé et du cercle de soins de la personne. Le DSP est donc souvent intégré au DME, au DMEa, au SIH et au DSE utilisés par les cliniciens et les organisations qui lui ont prodigué des soins. La personne, les membres de sa famille ou ses proches aidants peuvent y ajouter de l'information pertinente. Enfin, on peut également y consigner les données contenues dans les appareils médicaux que la personne utilise en dehors du milieu clinique.

    On décrit souvent cette solution comme un dossier centré sur le patient, qui sert à la gestion de son mieux-être, à l'autogestion de ses soins, à l'éducation sur sa santé et à son encadrement ainsi qu’à faciliter ses interactions avec le réseau de la santé.

Qu'entend-on, alors, par « système d’information sur la santé »? (Ce n'est pas un terme que j'affectionne particulièrement, soit dit en passant.) Il s'agit d'un nouveau concept et d'une approche récente en matière de déploiement des systèmes d’information clinique. D’après ce que j’ai constaté, le champ d'application clinique de ces systèmes d'information sur la santé prend graduellement de l’ampleur. J'ai vu des cas où un même système était déployé à grande échelle dans divers milieux — p. ex. les soins aux patients hospitalisés, les soins ambulatoires, les soins de longue durée, les cabinets de médecins (généralistes et spécialistes) et les soins communautaires — et également rendu accessible au patient. On pourrait dire que c’est un amalgame des cinq systèmes décrits plus haut.

  1. Système d'information sur la santé – Dossier sous la garde d'un réseau de prestation intégré, comme un organisme de prestation de soins multifonctionnel ou une région sanitaire. Ce système est déployé à grande échelle dans divers milieux cliniques et accessibles aux patients, peu importe où ils se trouvent.

     

    Un SIS est un système partagé implanté à l'échelle du territoire d'un réseau intégré de prestation. Il soutient la plupart, voire la totalité, des services de santé essentiels dont la prestation est facilitée par les technologies de l’information. Il peut s'agir d'un système intégré provenant d'un unique fournisseur ou d'un système composé de modules intégrés provenant de plusieurs fournisseurs. Il est entre autres utilisé par les cliniciens, les administrateurs et les patients. Ce système permet de produire des rapports cliniques, opérationnels et financiers et est doté de fonctions avancées, notamment pour l’entrée d'ordonnances, l’aide à la prise de décisions cliniques, les demandes électroniques de consultation, les plans de soins et l’analytique. Le patient peut également accéder à ces fonctions, de même qu’à des capacités conçues pour la gestion du mieux-être, l'autogestion des soins, l'éducation sur la santé, l’encadrement et le soutien aux interactions du patient avec le réseau de la santé.

     

    On décrit souvent le SIS comme un dossier centré sur les besoins du professionnel de la santé ou de l'organisation de la santé, conçu pour faciliter les interactions du réseau de prestation intégré avec le patient, mais qui est aussi axé sur les besoins du patient.

En conclusion, je dirais que, de plus en plus, les définitions de ces systèmes se recoupent pour ce qui est du type de données consignées, de l'ampleur géographique et organisationnelle de l'utilisation, du type de fonctions offertes et des catégories d'utilisateurs autorisés. Peut-être que, dans le prochain article sur le sujet, nous pourrons, je l'espère, nous dispenser de tous ces termes et n'en garder qu'un seul, simple et générique, comme « DSE ».

Qu'en pensez-vous? Quelles tendances observez-vous?

Vous avez des commentaires au sujet de cet article? Nous aimerions les connaître.


Dennis GiokasDennis Giokas

Chef de la technologie chez Inforoute, Dennis Giokas dirige également le groupe sur l'écosystème propice à l’innovation. Ce groupe a pour mandat d'établir la vision et la stratégie d'investissement ainsi que d'exercer un leadership éclairé en ce qui touche les écosystèmes et les solutions de santé numériques dans les nouveaux domaines porteurs.

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